La traversée du désert bolivien

Georges 2010-04-14 15:20:00

 

Notre séjour à Sucre fut légèrement prolongé pour y passer le week-end de Pâques. La ville a fonctionné au ralenti pendant cette période, e.a. à cause de restrictions liées aux élections régioanles et locales le dimanche de Pâques. Après cette pause bien méritée, nous avons passé Potosi en route pour le fameux lac de sel d'Uyuni.

 

 

Le très troué "Cerro Rico", littéralement une montagne d'argent, a jadis fait de Potosi la plus grande et sans doute la plus riche ville d'Amérique du Sud. De nos jours, la ville est comparée (par le New Yorker) à la troublée Detroit: les années glorieuses longtemps passées, la ville est désormais un exemple des problèmes économiques de la Bolivie contemporaine.

 

 

Après un passage très agréable d'asphalte à l'état neuf, la route s'est rapidement dégradée en piste désastreuse, annonciatrice de ce qui nous attendait pour les jours à venir.

 

 

Uyuni ne vaut pas le déplacement, nous y avons fait le plein de provisions et protégé la voiture contre les effets du sel (par fumigation de diesel sur le châssis) avant de partir vers le désert.

 

 

Qu'est-ce qu'on s'est éclatés ce jour-là! Parcourir cette plaine de sel, guidés uniquement par des points de repère GPS (en provenance de l'Internet ou d'amis voyageurs) est une expérience! Sans route à suivre, on peut choisir soi-même son chemin, tout en gardant à l'oeil les autres 4x4 qui se font la course.

 

 

Parcourir quelque 50 km à plus de 100 km/h sans toucher le volant, c'est comme piloter un avion, surtout que ciel et sol tout à fait blanc ont tendance à se confondre. Nous sommes très contents d'avoir pu faire cette expérience!

 

 

La plaine de sel fut la partie facile du trajet. L'idée était de traverser le désert du sud-ouest bolivien jusqu'au désert de l'Atacama au Chile, plus spécifiquement jusqu'à l'oasis de San Pedro de Atacama. Les cartes montrent une route reliant lagunes, phénomènes thermiques et formations rocheuses, toujours à une altitude supérieure à 4500m.

 

 

Amis voyageurs, soyez avertis: la piste, là où elle existe, est du type "tôle ondulée" très prononcée! La plupart du temps, il n'y a que les traces de véhicules nous précédant pour nous guider, dans le sable profond ou dans des champs de gravier (qui bouffent les pneus). Attention sur les lacs de sel: il peut y avoir de l'eau sous la surface, et le véhicule s'enfonce dans une substance pâteuse et collante: à vos pelles!

 

 

 

Autre accessoire essentiel: des coordonnées GPS marquant les principaux points de passage depuis la sortie du Salar jusqu'à la frontière chilienne. Sans route à suivre, sans panneaux et sans personne à qui demander le chemin, nous aurions épuisé toutes nos provisions avant d'atteindre notre destination! J'ai mis les points GPS utilisés (obtenus de la famille Robin, que nous remercions encore par cette voie) dans la section Infos pour voyageurs.

 

 

Finalement, attention aux conditions climatiques sur l'Altiplano: le jour, le soleil tape, et seuls les crèmes solaires les plus puissantes résistent; la nuit, la température dégringole rapidement en-dessous de 0°C.

 

 

Alors que nous dormions confortablement dans nos sacs de couchage, le Diesel a gelé, nécessitant une purge des conduites et filtres le lendemain (l'odeur de Diesel ne me quitte plus..). Un additif spécial ou l'addition de quelques litres d'essence peut prévenir ce problème.

 

 

Après toutes ces mises en garde, il faut préciser que ce fut une traversée très aventureuse avec ses paysages fantastiques le jour et des bivouacs au plein milieu de nulle part, sous un ciel nocturne formidable (presque impossible de repérer d'endroit sans étoile).

 

 

Après une douche chaude et un bon repas à San Pedro, nous ne sommes pas peu fiers d'avoir relevé le défi: 600 km de tout-terrain en 4 jours, avec seulement quelques petits pépins techniques, des conditions assez dures pour le matériel et l'équipage. Bravo à toute l'équipe!

 

 

Changement de contexte: nous voilà en route (via la côte chilienne) vers Mendoza, la région viticole argentine, à quelque 1500 km de route (que nous espérons nouvellement asphaltée...)!

 

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