L'équipe SnailTrails a bien progressé et profite actuellement d'une pause à Maroua, dans "l'extrême-nord" du Cameroun. Après un court transit par le Nigéria, nous voilà officiellement arrivés an Afrique centrale, à en juger par les nouveaux billets dans notre portefeuille: des francs CFA émis par la banque centrale des Etats de l'Afrique centrale.
Comme annoncé dans notre dernier message, nous avons passé quelques jours reposants en compagnie de la diaspora luxembourgeoise à Ouagadougou: un grand merci à Rol pour son hospitalité, ainsi qu'à Inoussa et Sylvestre pour leurs coups de main avec nos démarches en ville. Nous regrettons déjà les bons plats mijotés par Sylvestre!
Notre séjour en ville a été l'occasion de nous procurer des visas pour le Niger auprès du consulat général (cela prend 48 heures), de refaire le plein de provisions, de négocier durement avec les artisans touareg au Village Artisanal (une initiative de la Coopération luxembourgeoise) et de nous plonger dans de longues discussions à propos de voyages et de "l'état de l'Afrique" avec Rol et ses invités au dîner. Bref, nous étions gâtés!
Le trajet de Ouaga vers la frontière du Niger s'est passé sans histoires: le contribuable européen a financé la construction de routes impeccables de Dakar à Diffa, ce qui nous permet d'avancer assez rapidement. (La malfamée route vers Tambacounda au Mali a perdu ses trous béants, et à quelques exceptions près (vers Fada au Burkina, par exemple), les routes sont meilleures qu'en Europe).
Les formalités pour la sortie du Burkina et l'entrée au Niger nous prennent deux heures. Les visas et le carnet de passage sont bien reçus et aucun "cadeau" n'est demandé. Nous arrivons à Niamey pour un must: siroter une bière très fraîche, accompagnée de petites brochettes épicées, sur la vaste terrasse du Grand Hôtel surplombant le fleuve Niger, au moment du coucher du soleil, spectaculaire.
Au départ de Niamey, nous avons devant nous quelque 1400km avant d'atteindre Diffa à l'extrémité est du pays : "c'est très loin", comme le confirme l'employé du péage routier à la sortie de Niamey. Surprise, ici aussi, l'UE a construit une belle bande d'asphalte sur tout le trajet, ce qui nous permet d'avancer rapidement, avec des étapes à Birni-Konni et Zinder. La route est d'ailleurs surtout utilisée par des moyens non motorisés qu'il faut tenir à l'oeil en permanence.
A quelque 60 km après Niamey, nous nous arrêtons à Kouré pour notre premier rendez-vous avec la faune africaine: nous nous promenons une heure durant parmi un troupeau de giraffes, très à l'aise en présence d'humains et cueillant imperturbablement les meilleurs feuilles d'acacia dans les alentours.
Zinder la poussiéreuse n'est pas vraiment un paradis touristique, mais il nous faut un peu de repos et les anciens quartiers de la ville présentent une bonne opportunité d'explorer l'architecture et les traditions Haoussa.
Les mains tendues et les revendications de "cadeaux" se maintiennent à un niveau tolérable, ce qui nous permet d'apprécier les constructions en "banco" (briques de terre séchée), parfois avec des façades décorées. Ces maisons-là appartiennent à des notables traditionnels (à la charge héréditaire) de la cour du sultan de Damagaram. L'autorité judiciaire et traditionnelle du sultan s'étend encore aujourd'hui à beaucoup d'aspects de la vie quotidienne de sa communauté.
Le sultan et ses ministres tirent bien leur épingle du jeu, à en juger par les limousines récents de fabrication européenne garées derrière de hauts murs en brique qui séparent les demeures des notables de la vie quotidienne environnante, très modeste, de leurs sujets. Nous concluons notre visite par un passage au village artisanal, également créé avec l'appui de la Coopération luxembourgeoise.
Entre Zinder et Diffa, le paysage révèle la proximité du désert du Sahara, tout comme les caravanes de chameaux menées par des Touareg à l'apparence impressionnante.
De fortes pluies transforment la piste vers le Nigéria en piège boueux négocié par des camions surchargés, des taxis et des contrebandiers de gazole.
Sur recommandation de la police locale, nous renonçons à l'idée de longer le Lac Chad, dont les abords sont apparemment infestés de rebelles, de bandits et d'autres individus peu commodes. Mieux vaut contourner la zone en empruntant la route Geidam - Damaturu - Maiduguri vers la frontière camerounaise à Banki.
Après une bienvenue peu engageante de la part d'un policier nigérian aux intentions douteuses (qui resteront non assouvies), le nord-est du Nigeria se révèle indigne de sa réputation internationale: tous les innombrables contrôles se sont déroulés avec politesse et sans aucune tension ni demande de "cadeau".
Après notre étape à Maroua, dans la région des montagnes de Mandara (une perspective agréable après des semaines dans les plaines de la brousse africaine), nous partirons au sud, vers la capitale Yaoundé, où nous essayerons d'obtenir les visas pour les Congos et l'Angola: croisez les doigts!!
0 commentaire(s)